Le diagnostic de performance énergétique va de nouveau évoluer le 1er janvier 2027. Le facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire passera de 1,9 à 1,7. Cette modification peut améliorer l’étiquette de certains logements chauffés à l’électricité, parfois d’une classe et exceptionnellement de deux pour de petites surfaces. Elle ne dispense toutefois ni d’entretenir le logement ni de traiter les défauts d’isolation.

Ce qui change dans le calcul du DPE en 2027

Le DPE estime la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement. Pour comparer les énergies, la consommation d’électricité mesurée en énergie finale est convertie en énergie primaire au moyen d’un coefficient. À compter du 1er janvier 2027, ce coefficient sera abaissé à 1,7, contre 1,9 actuellement.

Les DPE édités à partir de cette date intégreront automatiquement la nouvelle valeur. Les diagnostics existants resteront valables pendant leur durée normale. Lorsqu’un nouveau calcul améliore le classement, le propriétaire pourra télécharger gratuitement une attestation de nouvelle étiquette sur l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, sans nouvelle visite du diagnostiqueur.

Quels logements sont les plus concernés ?

Tous les logements consomment un peu d’électricité, mais l’effet sera plus marqué lorsque cette énergie assure le chauffage, l’eau chaude sanitaire ou la climatisation. Les petites surfaces chauffées à l’électricité peuvent être particulièrement sensibles au coefficient. Selon Service-Public.fr, certains logements pourraient gagner une classe et, dans de rares cas, deux classes.

L’amélioration n’est pas automatique. Elle dépend de la consommation calculée, de la surface, de l’isolation, de la ventilation et des équipements. Aucun logement ne devrait voir son étiquette dégradée du seul fait de cette modification.

Ce que la réforme ne change pas

Le calendrier de décence énergétique reste un point central pour les bailleurs. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G situé en France métropolitaine ne peut plus être proposé à la location lors de la signature, du renouvellement ou de la reconduction tacite du bail. L’interdiction doit s’étendre aux logements classés F à compter de 2028, puis aux logements classés E à compter de 2034.

Une future attestation améliorant l’étiquette peut donc avoir des conséquences concrètes pour un logement proche d’un seuil. Mais le propriétaire ne doit pas présumer du résultat avant d’avoir vérifié le diagnostic dans le service officiel. Une annonce de location doit afficher les informations énergétiques requises et correspondre à un document valide.

Faut-il reporter des travaux en attendant 2027 ?

Reporter automatiquement un chantier serait risqué. Le DPE donne une photographie réglementaire, tandis que les travaux influencent aussi le confort, les factures, l’humidité, la valeur du bien et sa facilité de location. Un logement qui passe de G à F grâce au nouveau calcul restera concerné par l’échéance de 2028. Une amélioration administrative ne corrige ni les parois froides ni une ventilation insuffisante.

Avant de décider, il convient de distinguer trois situations :

  • Logement proche d’un seuil : vérifier l’effet estimé du nouveau coefficient avant d’engager des travaux uniquement destinés au changement de lettre.
  • Logement très énergivore : préparer un programme cohérent, car une simple évolution de calcul ne suffira probablement pas.
  • Travaux déjà nécessaires : traiter en priorité l’enveloppe, la ventilation et le système de chauffage selon les recommandations d’un professionnel qualifié.

Propriétaires bailleurs : les démarches à anticiper

Commencez par retrouver le numéro du DPE et sa date. Les diagnostics réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont en principe valables dix ans, sauf règle particulière. Les anciens DPE réalisés entre janvier 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025 et doivent être refaits pour une mise en location.

À partir de 2027, consultez l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe pour vérifier si une attestation est disponible. Conservez-la avec le dossier de diagnostic technique et transmettez les informations à l’agence ou au gestionnaire. Si le logement reste F ou G, demandez un scénario de rénovation chiffré et compatible avec la copropriété.

Pour analyser la concurrence locative, la page des biens à louer sur LogerDirect permet d’observer les caractéristiques proposées. Le DPE ne doit toutefois jamais être utilisé seul pour fixer un loyer : la localisation, l’encadrement éventuel, la surface, l’état et les équipements restent déterminants.

Vendeurs et acheteurs : quel impact sur une transaction ?

Pour un vendeur, une meilleure étiquette peut améliorer la lisibilité du bien et réduire l’inquiétude liée aux restrictions locatives. Il faut cependant présenter la bonne version du document et expliquer clairement si le classement résulte d’une attestation actualisée. Une estimation immobilière doit intégrer l’état réel du logement, pas seulement la lettre affichée.

Pour un acheteur, le futur coefficient ne doit pas effacer l’examen des consommations, des factures et des travaux. Un appartement électrique bien isolé peut être performant ; un logement mal isolé restera coûteux et inconfortable malgré une lettre améliorée. Demandez le DPE complet, ses recommandations, les procès-verbaux de copropriété et, lorsqu’il existe, le plan pluriannuel de travaux.

Le simulateur d’estimation LogerDirect fournit un premier repère de valeur. Pour un bien énergivore, ce repère doit être ajusté au coût des travaux et aux contraintes locales.

Comment préparer une rénovation utile

Une rénovation efficace commence par le diagnostic des causes : isolation des murs et de la toiture, menuiseries, ponts thermiques, ventilation, chauffage et eau chaude. Remplacer uniquement un équipement sans traiter l’enveloppe peut produire un gain limité. En copropriété, certains travaux relèvent des parties communes et exigent un vote en assemblée générale.

Avant de signer des devis, consultez France Rénov’ et vérifiez les conditions des aides disponibles au moment du projet. Les dispositifs, barèmes et travaux éligibles peuvent évoluer. Une promesse commerciale ne remplace pas une confirmation officielle de l’aide ni l’accord de financement.

À retenir

  • Le coefficient de conversion de l’électricité passera de 1,9 à 1,7 le 1er janvier 2027.
  • Certains logements électriques pourront améliorer leur étiquette, mais ce ne sera pas systématique.
  • Les DPE existants restent valables ; une attestation gratuite pourra actualiser l’étiquette si elle s’améliore.
  • Le calendrier d’interdiction de location des classes G, F puis E demeure à anticiper.
  • Une meilleure lettre ne remplace pas les travaux nécessaires au confort et à la maîtrise des charges.

La bonne décision dépend du logement, pas seulement de la réforme

La modification de 2027 corrige la place de l’électricité dans le calcul réglementaire. Elle peut sécuriser certains projets de vente ou de location, surtout près d’un seuil. La démarche prudente consiste à vérifier le document officiel, mesurer les travaux utiles et préparer le calendrier locatif. Entre une attestation gratuite et une rénovation complète, la bonne réponse dépendra toujours des caractéristiques réelles du logement.

Sources : Service-Public.fr, nouveau calcul du DPE au 1er janvier 2027, Service-Public.fr, diagnostic de performance énergétique et Ademe, Observatoire DPE-Audit.




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